Il a commencé comme simple Curieux, sac sur le dos, un peu hésitant, les yeux brillants de promesses. Il ne connaissait pas encore le goût du feu de bois après l’effort, les nuits à la belle étoile, les blagues murmurées sous la tente ni la magie de ces liens humains qui se tissent entre deux bivouacs. C’était son premier pas dans l’univers Jagolipette.
Depuis, Julien a tout vécu : les pluies d’altitude, les galères de groupe, les sommets atteints au petit matin, les repas improvisés et les silences partagés face à des paysages sans fin. Il a gravi un à un les niveaux – Curieux, Débrouillard, Organisé, Ekstrim – jusqu’à rejoindre l’élite des Légendaires, ces voyageurs qui incarnent l’esprit Jagolipette avec une intensité presque mythique.
Aujourd’hui, il fait partie de ces figures qu’on évoque autour du feu avec respect et un brin d’admiration. Il a gagné le surnom de Master of Jagolipette, non pas parce qu’il court plus vite ou porte plus lourd, mais parce qu’il sait écouter, transmettre, et faire vibrer la flamme de l’aventure chez les autres.
Dans cette interview exclusive, Julien revient sur ses débuts, ses voyages marquants, les rencontres qui l’ont transformé et ce que signifie, pour lui, vivre une vie d’exploration dans la plus pure tradition Jagolipette : libre, humaine, et intensément vivante
Sommaire de l'article
ToggleJagolipette : Tu te souviens de ton tout premier voyage avec nous ?
Julien :
Oh que oui, je m’en souviens comme si c’était hier. C’était en Écosse, un Curieux classique. Je ne connaissais personne, je n’avais pas vraiment l’habitude de ce genre d’expédition – j’étais plus habitué aux city-trips avec auberge de jeunesse et musées. Je suis parti un peu sur un coup de tête, à un moment de ma vie où j’avais besoin de me retrouver, ou peut-être de me perdre. Et en fait, je me suis trouvé en me perdant dans la brume des Highlands.
Ce que j’ai adoré tout de suite, c’est l’équilibre entre autonomie et accompagnement : on apprend, on essaie, mais on n’est jamais vraiment seul. Et puis, les gens… C’est ça qui m’a donné envie de continuer. Ce n’était pas juste un voyage, c’était un déclic.
Tu es passé par tous les niveaux : Curieux, Débrouillard, Organisé… Jusqu’à Légendaire. Qu’est-ce que ça change ?
Julien :
Ça change tout, et rien à la fois. Je veux dire, oui, il y a les badges, les privilèges, les clins d’œil entre “anciens”. Mais ce qui change profondément, c’est ton regard. Au début, tu pars pour “voir le monde”. Et plus tu avances, plus tu comprends que c’est aussi une exploration intérieure.
En tant que Légendaire, on me confie parfois des rôles d’ambassadeur : je co-anime des ateliers, je partage des savoirs de terrain, je prends soin des nouveaux. C’est une vraie responsabilité, mais c’est aussi une fierté. On n’est pas dans la frime, on est dans la transmission. Et puis, j’avoue… la première fois qu’on m’a filé le foulard Légendaire autour du feu, j’ai un peu eu les larmes aux yeux.
Il y a un voyage qui t’a particulièrement marqué ?
Julien :
Difficile d’en choisir un seul… Mais si je devais en garder un, ce serait sans doute Désert sans limites, en Namibie. Ce voyage, c’est une claque. Physique, sensorielle, existentielle.
Marcher pendant des heures dans un paysage sans fin, sans arbres, sans ombre, où chaque dune semble identique à la précédente, c’est une expérience qui t’oblige à lâcher prise. Tu ne peux plus compter sur les repères habituels. Tu n’as plus d’échappatoire, plus de distractions, plus de réseau, plus de bruit de fond. Juste toi, le sable, le souffle du vent… et tes pensées. C’est là que tu comprends ce que veut dire “être présent”.
Et puis il y a eu cette nuit… On avait installé le bivouac en cercle, au milieu de nulle part. On s’est allongés sur le dos, les yeux vers le ciel. Et là, d’un coup, la voie lactée s’est imposée, immense, éclatante. Pas un bruit autour. Juste nos respirations lentes, comme synchronisées. Personne n’a parlé pendant plusieurs minutes. C’était un silence habité. À ce moment-là, je me suis dit : “C’est pour ça que je suis venu.”
Ce genre d’instant… c’est pas juste un souvenir. C’est une balise intérieure, un repère pour le reste de ta vie.
Est-ce que tu as eu un moment de doute, de fatigue, où tu t’es demandé ce que tu faisais là ?
Julien :
Oui, plusieurs fois même. Je me souviens d’un matin dans les Carpates, on s’était pris une pluie glaciale toute la nuit. Le feu n’avait pas pris, j’avais à peine dormi. Je me suis demandé ce que je foutais là, alors que j’aurais pu être tranquille chez moi avec un chocolat chaud.
Et puis, on s’est tous levés, trempés, mais solidaires. On a rigolé comme des gamins en essayant de faire chauffer du café avec des branches détrempées. C’est là que j’ai compris que ce n’était pas le confort qui fait la richesse d’un moment. C’est les gens, le partage, et la manière dont on vit ensemble l’inconfort. Ces moments de galère deviennent les plus beaux souvenirs.
C’est quoi l’esprit Jagolipette, selon toi ?
Julien :
C’est une alchimie entre liberté, apprentissage, et collectif. On ne vient pas juste pour “faire une rando” ou “voir un pays”, on vient vivre quelque chose ensemble.
On te pousse doucement à te dépasser, à prendre des responsabilités, à essayer des choses que tu n’aurais jamais imaginées – construire un abri, guider un groupe, cuisiner avec trois épices dans le désert… Et on te fait confiance.
C’est rare, cette sensation de faire vraiment partie de quelque chose qui te dépasse. L’esprit Jagolipette, c’est un mélange de fraternité et d’autonomie. C’est du lien humain dans sa forme la plus simple et la plus sincère.
Tu gardes contact avec des gens rencontrés pendant les voyages ?
Julien :
Oh oui, et pas qu’un peu ! Certains sont devenus des amis très proches. On a même monté un petit groupe WhatsApp qu’on appelle les “Jagolipette Sauvage” – un clin d’œil à notre dépendance collective à l’aventure. On y partage des souvenirs, des idées de bivouacs improbables, ou juste des photos de couchers de soleil pour se donner du courage en plein mois de février.
Mais ce qui m’a vraiment marqué, c’est une rencontre qui a eu lieu lors d’un voyage en Amazonie, dans la région du Rio Negro. Ce genre de voyage, ça soude. L’humidité, les insectes, les marches dans la jungle… ça rapproche très vite. Il y avait ce couple, deux participants que je ne connaissais pas du tout au départ. On a partagé la même pirogue, les mêmes galères, les mêmes fous rires. Et petit à petit, je les ai vus se rapprocher.
Quelques mois après le retour, ils m’ont écrit pour m’annoncer qu’ils s’étaient mis ensemble. Et quelques années plus tard… ils m’ont demandé d’être témoin à leur mariage ! Franchement, je ne m’y attendais pas. Comme quoi, partir à l’aventure, ça change des vies. Parfois plus profondément qu’on ne l’imagine.
Tu dirais que Jagolipette t’a changé ?
Julien :
Complètement. Je ne suis plus le même homme qu’au début. J’ai appris à faire confiance aux autres, à lâcher prise, à gérer l’imprévu. J’ai aussi redécouvert des qualités que j’avais mises de côté : l’écoute, la patience, la capacité d’émerveillement.
Avant, je planifiais tout. Maintenant, je sais que les meilleurs moments ne sont jamais ceux qu’on attend.
Et surtout, j’ai compris que l’aventure, ce n’est pas que partir loin. C’est un état d’esprit. Grâce à Jagolipette, je vis l’aventure même en bas de chez moi. Je prends mon sac et je pars marcher, sans raison, juste parce que je peux. Et ça, c’est précieux.
Quel conseil tu donnerais à quelqu’un qui hésite à se lancer ?
Julien :
Je lui dirais : vas-y. Même si tu doutes, même si tu n’as jamais monté une tente ou marché plus de 10 km. Tu apprendras sur le terrain. Et surtout, tu seras accompagné. L’équipe Jagolipette, c’est pas des guides distants : ce sont des humains, passionnés, bienveillants, drôles parfois, exigeants aussi, mais toujours là pour toi.
On ne te demande pas d’être un super-randonneur, on te demande d’être ouverte. Curieux. Capable de sortir de ta zone de confort. Et je te promets : si tu franchis ce premier pas, tu ne le regretteras pas.
Tu as des rituels ou objets fétiches que tu emportes toujours avec toi ?
Julien :
Oui, j’ai une petite cuillère en bois que j’ai sculptée pendant une nuit sans sommeil dans le Jura. Elle ne me quitte plus. C’est un objet simple, mais qui me rappelle que même dans l’attente ou la solitude, on peut créer quelque chose de beau. Et puis, elle est bien pratique.
Je prends aussi toujours un petit carnet. J’y note les phrases qu’on entend autour du feu, les odeurs, les sensations… Ce sont mes souvenirs à moi, plus vivants qu’un album photo.
Est-ce qu’on peut dire que Jagolipette t’a influencé même dans ta vie quotidienne ?
Julien :
Totalement. J’ai changé ma manière de consommer, d’habiter, de m’organiser. Je suis passé à une vie plus sobre, mais plus riche en sens. J’ai réduit mes écrans, je cuisine davantage, je privilégie les transports doux.
Et surtout, j’essaie de garder l’attitude Jagolipette au quotidien : être curieux, ouvert, et ne pas fuir l’inconfort. Même dans les relations avec les autres. On apprend tellement sur l’humain en voyage que ça te rend meilleur, je crois.
C’est quoi, pour toi, être un “Master of Jagolipette” ?
Julien :
Pour moi, ce n’est pas une fin en soi, ni un simple titre à décrocher. C’est plutôt un passage, un jalon sur un chemin qui ne s’arrête jamais. Être Master of Jagolipette, ce n’est pas se poser en maître absolu ou en expert intouchable. C’est surtout savoir qu’on est toujours en apprentissage, même après des dizaines de voyages.
C’est cette capacité à avancer avec les autres, à partager ce que l’on a découvert, sans jamais perdre cette soif de découverte. On apprend, on transmet, on écoute. C’est un équilibre entre savoir-faire et ouverture d’esprit.
Être Master, c’est un état d’esprit. Il faut cultiver l’humilité de l’explorateur qui sait que la nature reste toujours plus grande que lui, la joie simple et sincère du marcheur qui savoure chaque pas, et aussi cette tendresse et cette solidarité du compagnon de bivouac qui veille sur le groupe, qui partage le feu, les histoires et les silences.
C’est aussi accepter ses propres limites, apprendre à se dépasser sans jamais oublier de profiter de chaque instant. C’est être capable d’aider les autres à trouver leur voie, sans imposer la sienne. Bref, c’est un rôle à la fois léger et profondément enrichissant, qui transforme la manière dont on vit chaque voyage.
Au final, être Master of Jagolipette, c’est faire partie d’une grande aventure humaine où le partage est plus important que la performance, où chaque pas compte et chaque regard s’ouvre un peu plus au monde.
Dernière question, mais pas des moindres : est-ce que tu envisages de devenir guide Jagolipette un jour ?
Julien :
Tu sais quoi ? J’y pense sérieusement. Pas pour le “statut” – je crois qu’on est guide bien avant de l’être officiellement, mais parce que j’ai envie de redonner ce qu’on m’a offert. J’aimerais transmettre cette capacité à oser, à se reconnecter à soi et aux autres.
Je sais que guider un groupe, ce n’est pas juste “montrer le chemin”, c’est accompagner des gens dans leurs doutes, leurs découvertes, parfois même leurs métamorphoses. Et je crois que je suis prêt pour ça.
Alors oui, si Jagolipette m’ouvre cette porte, je la franchirai avec joie.
Toi aussi tu veux devenir Master ?
Commence par un Curieux, un sac à dos, et un peu de feu intérieur. On s’occupe du reste.
Jagolipette, c’est plus qu’un voyage : c’est un chemin. Alors, prêt à faire le premier pas ?